3/8/2022

Engagements RSE : Nos 5 priorités pour 2023

De nos jours, les grands enjeux environnementaux, économiques ou sociétaux influencent les business modèles des entreprises qui doivents’engager sur des sujets RSE pour être compétitives et garder leur position sur le marché. Les consommateurs deviennent de plus en plus exigeants sur les démarches responsables des entreprises. Qu'est ce que la RSE? Pourquoi s'engager dans des actions RSE? Quels sont les grands axes à développer en 2023 selon nous?

Il y a eu une évolution dans la mentalité des consommateurs qui tend vers des achats plus respectueux de l’environnement et uneproduction et/ou transformation plus responsable vis-à-vis de la société. Ce changement se traduit par l’essor du bio, de la consommation locale, de la transparence de communication ou l’importance portée la qualité de vie des salariés.

Ces changements entraînent des modifications d’habitudes de consommation. Les crises ont d’autant plus marqué ce besoin de transformation. Les entreprises doivent accompagner un changement responsable avec toutes leurs parties prenantes. La prise de conscience doit venir des dirigeants qui insufflent la dynamique et les démarches responsables doivent entrer dans la culture d’entreprise pour être intégrées par toutes les parties prenantes (collaborateurs, consommateurs, fournisseurs, etc.).

Nous pouvons observer que presque toutes les entreprises aujourd’hui ont une rubrique sur leur site internet mentionnantleurs engagements sociaux, sociétaux, économiques ou environnementaux.

La stratégie RSE et ses enjeux

D’un point de vue historique, la RSE a émergé en France dans les années 1960. Mais elle ne s’est imposée qu’à partir du XXème siècle avec l’élaboration de lois et de normes. C’est aux États-Unis qu’elle a pris racine dans les années 1950 de façon très idéaliste au travers de l’ouvrage de Bowen The social responsabilities of the businessman, repris par des managers qui ne se concentraient pas uniquement sur le profit et le bénéfice mais également sur les impacts de l’entreprise sur la société, qui influencent le profit.

La responsabilité sociétale des entreprises (aussi appelée la responsabilité sociale des entreprises) est une stratégie consistant à développer des actions et des performances responsables. La Commission Européenne la définit comme une « volonté des entreprises à intégrer des préoccupations environnementales et sociales dans leurs activités». De plus en plus d’entreprises s’adaptent à cette tendance et développent leur croissance sur des démarches respectueusesde l’environnement, de la société, de leurs salariés et de l’économie. En intégrant les critères écologique, social et économique, l’entreprise développe sa durabilité, devenant vivable, viable et équitable.

Les 3 enjeux d’une démarche RSE sont les suivants :

·      Participer à la protection de l’environnement : réduction des émissions de gaz à effet de serre, les énergies renouvelables, le recyclage, etc.

·      Développer le bien-être des salariés et chercher à avoir un impact social et sociétal positif : santé, droit del’homme, diversité, éducation, égalité, etc.

·      Réduire les impacts négatifs de la production et de la consommation au niveau de l’économie : économie locale, réduction de la fraude fiscale, transparence, etc.

Ces trois enjeux sont interdépendants et il est important pour une entreprise d’en cerner les impacts et les axes de transformations. Par exemple, investir sur un aspect social en ayant des conditions de travail plus responsables pour les collaborateurs permettra d’avoir un impact positif sur l’économie. Ou encore, si l’entreprise s’engage en termes d’environnement, elle sera plus attractive socialement pour ses talents ou ses consommateurs.

Lorsque l’entreprise s’engage dans la RSE, elle contribue au développement durable à travers un développement socialement équitable, écologiquement soutenable et économiquement efficace. Le développement durable est défini par l’INSEE comme « un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs » (Mme Gro Harlem Brundtland, Premier Ministre norvégien, 1987).

Il est important dans une démarche RSE d’intégrer toutes les parties prenantes :

·      Internes : dirigeants, salariés, syndicats, etc.

·      Externes : associations, ONG,sous-traitants, fournisseurs, clients, etc.

Cette intégration passe par une implication des parties prenantes dans les démarches, comme avec la co-construction par exemple. Mais aussi par de la communication interne et externe, ainsi que du dialogue. L’objectif de l’initiation d’un dialogue avec les parties prenantes est de pérenniser l’interaction avec les interlocuteurs pour que les décisions prises englobent les avis de toutes les parties prenantes. Quant à la communication, l’entreprise propose un rapport RSE (obligatoire pour les entreprises de plus de 500 salariés), retranscrivant les actes et résultats de l’entreprise sur ses engagements. Elle peut aussi communiquer à travers la Déclaration de Performance Extra-Financière (DPEF), qui est un reporting financier résumant les enjeux prioritaires et les engagements RSE de l’entreprise. L’implication des parties prenantes permet d’évaluer la stratégie RSE et de pouvoir développer des axes d’améliorations en cas de besoins.

Au niveau des autres outils RSE, l’entreprise peut également effectuer un bilan carbone pour faire un état des lieux publique sur ses émissions de gaz à effet de serre. Elle peut aussi effectuer une Analyse de Cycle de Vie (ACV) pour analyser de façon quantitative les émissions de gaz à effet de serre et les impacts sur l’environnement.

Les entreprises de plus de 500 salariés ont pour obligation de présenter un reporting RSE. La plupart des normes RSE sont destinées aux grandes entreprises. Les PME ont des moyens plus limités pour investir mais la RSE est un outil de gestion permettant d’augmenter la performance et de se différencier de manière significative.

D’un point de vue gouvernemental et légal, la RSE est intégrée de différentes façons à travers des lois et des normes. Ces obligations et préconisations permettent d’inciter à développer des engagements au-delà de la démarche volontaire et de passer à des engagements certifiés.  

Loi sur le devoir de vigilance

Les grandes entreprises doivent développer des actions de surveillance pour prévenir des risques au sein de leur filiale et ses parties prenantes.

Loi Pacte

En mai 2019, le gouvernement a imposé à l’ensemble des entreprises de considérer les enjeux environnementaux et sociaux dans leurs activités. Cette loi a permis à la RSE de se développer davantage. La loi Pacte intègre également la notion « d’entreprise à mission » qui consiste à redéfinir le rôle de l’entreprise et définir une raison d’être avec des engagements sociaux ou écologiques mentionnés dans les statuts.

La DPEF

Les grandes entreprises et les entreprises cotées doivent publier les informations relatives à leurs impacts à travers la DPEF ou des reporting ESG.

Normes, labels et certifications
     

Labels      RSE : permettent de garantir      la qualité de la démarche pour gagner en crédibilité.

La norme ISO 26000, élaborée en 2010, est vue comme une référence pour la RSE avec 7 grand aspects sur lesquels les entreprises peuvent se concentrer :

Gouvernance de l'organisation
Les Droits de l'Homme
Les relations et les conditions de travail
L'environnement
Les questions relatives aux consommateurs
Les communautés et le développement local

Lors de la mise en place d’une démarche RSE,un diagnostic doit être fait pour identifier les actions à développer en fonction des impacts de l’entreprise. Il est également très important d’assurer un suivi de la démarche pour contrôler qu’elle se développe comme prévu et faire des ajustements si besoin.  

Pourquoi développer des engagements RSE ?

Les entreprises génèrent souvent des impacts négatifs sur la société, l’économie ou l’environnement. Ces impacts peuvent se traduire par des stratégies de production ou de distribution néfastes pour l’écologie ou les salariés. Par exemple, dans l’industrie textile, de nombreuses enquêtes ont mis en avant les conditions de travail de sous-traitants de production qui exploitent des salariés à des prix très bas à l’étranger, et même parfois des enfants. Au niveau de la logistique, nous pouvons voir que dans l’alimentaire, certains produits sont importés de loin pour être consommés et ont des impacts environnementaux très négatifs.

Les ressources humaines ont un rôle majeur à jouer dans l’intégration de la RSE à la culture de l’entreprise. Elles peuvent proposer des formations pour sensibiliser sur les engagements et développer une politique plus responsable. Sans la mise en place d’actions ou de critères RSE, les salariés peuvent être désengagés ou démotivés. Cela entraîne souvent une perte de profitabilité, voire de talent avec un taux de turnover élevé.

De nos jours, les entreprises ont tout intérêt à s’engager dans des démarches RSE pour répondre aux grands enjeux actuels comme le défi climatique par exemple. Mais également pour répondre aux attentes de ses parties prenantes.

Les engagements RSE servent à renforcer ou à développer l’image de marque et la marque employeur auprès des salariés, des investisseurs, des consommateurs et de toutes les autres parties prenantes de l’entreprise. Ils permettent à l’entreprise d’être plus attractive. S’engager dans des démarches RSE permet d’impacter positivement la société, l’environnement et l’économie. Selon le Baromètre national de perception du MEDEF de 2020, 83% des salariés qui sont dans une entreprise ayant un service RSE considèrent que leur entreprise a un impact positif sur la société. La majorité des salariés estiment que c’est un sujet important à traiter car l’environnement de travail devient un critère d’engagement et de satisfaction majeur. Selon le Baromètre du MEDEF, 83% des salariés apprécient travailler dans leur entreprise quand elle déploie une stratégie RSE, contre 64% dans les entreprises qui n’en déploient pas. Enfin, Les jeunes de la génération Y sont 79% à placer la RSE comme critère de leurs recherches d’emploi, et 76% à placer la RSE au-dessus du salaire dans ces critères.

Un autre avantage aux engagements RSE est la réduction des coûts. Même si ces démarches demandent des investissements, la mise en place d’action RSE accroît la performance et, par conséquent, le chiffre d’affaires. L’entreprise doit identifier les enjeux de l’économie durable et responsable pour développer une croissance économique équitable, viable et vivable. Une démarche RSE améliore les conditions de travail des collaborateurs et par conséquent la qualité de leur travail, la qualité des produits et l’économie de l’entreprise.

De plus, la RSE permet de développer de meilleures conditions de travail pour les salariés et, par conséquent, d’accroître la quête de sens et l’engagement. Le salarié pourra s’identifier aux causes soutenues par sa structure.

L’engagement RSE permet à l’entreprise de développer une bonne gestion de ses risques. A travers la RSE, elle peut les mesurer, les identifier et ensuite les maîtriser. Cela permet d’anticiper les changements imprévus et de mieux les accompagner. En développant des engagements RSE, l’entreprise s’adapte mieux aux nouvelles contraintes et crée de nouvelles opportunités d’évolution.

Les freins face à la mise en place d’actions RSE

Certaines entreprises restent tout de même réticentes à développer une stratégie et des engagements RSE. Elles ne voient pas toujours le retour sur investissement d’une telle démarche. Pourtant, il est maintenant plus que nécessaire que les entreprises apprennent à utiliser leur budget différemment pour multiplier les gains. Cette résistance au changement est aussi expliquée par le facteur temps : les entreprises pensent souvent ne pas avoir le temps de développer ce genre de démarches. Durant des périodes de crises, les visions stratégiques sont plus sur le court à moyen terme. Dans ces situations, la rentabilité prime sur les engagements RSE.

Dans certains cas, elles développent des engagement RSE simplement pour leur image de marque. Le greenwashing est assez présent dans les entreprises de nos jours. Comme la RSE devient un élément compétitif incontournable, des entreprise s’alignent à cette stratégie sans forcément mettre des actions de fonds en place. Il faut donner de la cohérence à la stratégie RSE en la liant à la stratégie et la culture d’entreprise pour que les structures restent logiques et crédibles dans leurs démarches.

Les engagements RSE à prioriser pour 2023

Nous avons identifié 5 grands engagements RSE essentiels pour augmenter les impacts positifs en entreprise en 2023.

1)    Rendre le numérique plus responsable

En 2023, il est essentiel pour une entreprise de se développer vers la transformation digitale. Les entreprises utilisent des applications, des sites internet, de la publicité en ligne et d’autres pratiques digitales qui leurs permettent de rester compétitives sur le marché. Mais ces pratiques polluent. Il est important d’apprendre à développer sa transformation digitale en étant responsable. Pour cela, des gestes simples comme le tri quotidien de la boîte mail (le stockage des mails pollue) peuvent être adoptés. Les entreprises peuvent également chercher à recycler leur matériel informatique obsolète ou à le rénover.

2)    Miser sur les compétences de ses talents

Pour engager ses collaborateurs et travailler sa rétention, l’entreprise doit valoriser et savoir bien gérer les compétences de ses talents afin d’organiser au mieux ses services. Il est important d’avoir une bonne gestion des talents surtout dans les secteurs de marché en tension. Pour cela elle peut chercher à améliorer les conditions de travail de ses salariés en valorisant le bien-être et en intégrant une culture d’entreprise RSE à laquelle ses talents puissent s’identifier. La prise en compte des salariés aidants entre dans cet objectif, car leur moyenne d’âge est de 39 ans. Ce sont donc souvent des salariés expérimentés que l’entreprise ne doit surtout pas perdre.

3)    Informer et communiquer avec transparence pour motiver les parties prenantes à participer

L’entreprise peut influencer et faire évoluer les évolutions de comportements de ses collaborateurs, consommateurs, fournisseurs ou encore actionnaires. C’est pour cela qu’il est important qu’elle co-construise ses plans d’engagement avec eux pour pouvoir les motiver à participer et à atteindre les nouveaux objectifs prévus. Pour cela, elle doit communiquer de façon transparente pour gagner leur confiance. La communication est un véritable levier de motivation pour les parties prenantes. Lorsque l’entreprise décide d’explorer un sujet RSE, elle doit réaliser un diagnostic qui intègre la vision de toutes les parties prenantes afin de mettre en place les actions les plus pertinentes. La co-construction est un levier extrêmement puissant pour engager toutes les parties prenantes.

4)    Réduire les impacts négatifs sur l’environnement pour tendre vers de la durabilité et de la responsabilité

Que ce soit à travers ses méthodes de production, de logistique, de redistribution ou même de packaging produit, l’entreprise doit chercher à être respectueuse de l’environnement pour être durable dans le temps. Cela lui permettra d’être compétitive voire innovante selon les secteurs. Mais aussi d’élargir sa vision au moyen/long terme car d’ici quelques années, toutes les entreprises devront avoir le moins d’impacts négatifs possibles sur l’environnement. C’est déjà le cas des grandes entreprises depuis la loi Pacte. Cette préoccupation environnementale lui permet également d’améliorer son image de marque. Le but serait de tendre vers des entreprises à impact positif sur l’environnement et la société.

5)    Augmenter l’efficacité et la productivité de l’entreprise pour optimiser les coûts

L’entreprise doit apprendre à gérer son économie de façon durable et responsable. Elle doit donc savoir jongler entre augmentation de la productivité et méthodes responsables. En misant sur une meilleure efficacité, elle pourra optimiser ses coûts. Pour ce faire, elle peut se servir du deuxième point que nous évoquions sur les compétences de ses talents. En améliorant les conditions de ses salariés, ils pourront être plus efficaces, et par conséquent, l’entreprise pourra être plus performante. Grâce à cela elle pourra optimiser ses coûts et réfléchir à des investissements responsables pour rester viable économiquement. Une autre façon d’augmenter l’efficacité et la productivité de l’entreprise est d’identifier ce que le centre de recherche ISEOR nomme « les coûts de performance cachés ». Ce centre de recherche propose un état des lieux permettant d’identifier les dysfonctionnements en entreprises entraînant des coûts non-repérés par l’entreprise, et souvent très conséquents. Ce diagnostic permet d’évaluer ces coûts, de proposer des axes d’amélioration aux structures, de répondre aux différents besoins sociaux et économiques de l’entreprise et des salariés.